Le
délicieusement subversif groupe reggae-rock Billy Ze Kick,
inconnu il y a encore un an, se retrouve au beau milieu d'une drôle
d'affaire. Un policier nantais s'est joint à une association
parisienne luttant contre la toxicomanie pour poursuivre devant la
justice les gamins en folie rennais. Motif: Billy Ze Kick ferait l'apologie
de la drogue dans leur tube Mangez-moi, mangez-moi, qui, de
Lille à Marseille, a endiablé les pistes de danse cet
été. La phrase du litige "C'est le chant du
psilo qui supplie, qui joue avec les âmes et ouvre les volets
de la perception." Le psilo? Un champignon hallucinogène
traqué par les amateurs de sensations fortes. Outre le retrait
immédiat des bacs et l'interdiction formelle du titre en radios
et télés, le consortium moraliste souhaite également
voir le groupe derrière les barreaux pour cinq ans, assorti
d'une amende de 500 000 francs. Rien que ça! Chez Shaman,le
label du groupe, distribué par Phonogram, on suit l'affaire
au jour le jour, " en attendant patiemment que tout se tasse".
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Etrange
situation. Billy Ze Kick ne sont pas les premiers à évoquer
des substances interdites. La liste est longue: Héroïne
par le Velvet Underground, Cocaïne, par J.J. Cale, Brown
Sugar par les Rollings Stones, Lucy in the Sky with Diamonds,
par les Beatles, ou encore Legalize it, par Peter Tosh, ne
parlaient pas toutes d'enfants qui naissent dans les choux. Mais si
ces chansons avaient fait scandale, aucun de leurs interprètes
n'avait été poursuivi devant la justice. en France,
la liberté d'expression artistique serait-elle toxique? |