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Dans
leur "disque d'or ": du poison. Dans leur scie musicale,
"Mangez-moi, mangez-moi", vendue à 280 000 exemplaires
: une apologie des substances hallucinogènes. Un policier
nantais, engagé dans la lutte contre la drogue auprès
des lycéens, a transmis au parquet de Paris, une procédure
pour "incitation à l'usage de stupéfiants"
à l'encontre du groupe "Billy Ze Kick et les Gamins
en Folie".
Vous les avez peut-être aperçus à la télévision,
dans les clips-vidéo de M6. Ou en vedette sur le plateau
de De Caunes et Gildas qui n'en ratent décidément
pas une : ils sont sept du même groupe, regards allumés,
français approximatif, dégaine de paumés. Le
leader est une femme, Nathalie Cousin. Visage creusé, cernes
bleutés, crâne rasé. Au cours de l'émission
"Nulle part ailleurs", elle avait éructé
des propos sans suite, débiles, grossiers et péremptoires.
Enquêteur à la brigade des stupéfiants du commissariat
de Nantes, Christian Verdier, qui espère obtenir l'ouverture
de poursuites, dénonce le message transmis par le groupe
à ses jeunes fans, à travers cette chansons en apparence
infantile, sur la cueillette des champignons : "Mangez-moi,
mangez-moi, c'est le chant du psilo qui supplie. Qui joue avec les
âmes. Et ouvre les volets de la perception".
Les psilocybes sont en effet des petits champignons de 2 cm de haut,
possédant un fort pouvoir hallucinogène aux effets
proches du L.S.D.. Selon un spécialiste de mycologie de la
faculté de pharmacie de Rennes, le champignon n'est pas mortel
en lui-même, mais il peut quand même conduire au décès
par les troubles
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intellectuels
qu'il provoque, semblables à ceux de la cocaïne".
Les psilocybes peuvent avoir effet euphorisant les gens se prennent
pour des oiseaux et veulent s'envoler par la fenêtre ou se jeter
sous une voiture en pensant qu'ils sont invulnérables
.
Sur d'autres personnes, au contraire, les mêmes substances peuvent
avoir un effet dépressif et mener au suicide. Le délire
peut s'accompagner d'une accélération du rythme cardiaque
et de graves troubles digestifs.
Billv
Ze Kick n'en est pas à son coup d'essai, leur premier album,
vendu à 230 000 exemplaires, vantait déjà les
délices de la "fumette"avec des chansons explicites
comme Bons baisers d'Amsterdam ou encore le titre OCB,
clin d'oeil à la marque de papier à rouler.
Quand
au leader du groupe, elle ne nie absolument pas les faits. A la
question du Parisien " Pourquoi le champignon hallucinogène
dans votre chanson ?" elle rétorque tranquillement :
- En manger, c'est un rite que l'on accomplit dans certains milieux
rock. On s'élève spirituellement. On fait mieux la
synthèse d'une réalité. On fume aussi des pétards
comme on prend un café. C'est notre culture (sic).
Le
courageux policier de Nantes, Christian Verdier, s'attaque à
forte partie. La drogue dite "douce" - en effet la description
détaillée des effets secondaires nous persuade
de sa douceur
-
est considérée avec beaucoup de bienveillance, de
tolérance,
d'amusement attendri dans
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le milieu du
show-biz. Il n'y a qu'à lire les déclarations de certaines
"stars" télé, Thierry Ardisson en tête,
à les entendre ils ont tous fumé et ils fument tous
encore de l'herbe de temps en temps. C'est un "must" dans
ce milieu, un truc "cool" plutôt mieux vu que l'alcool.
Dans
Le Figaro, du 21 octobre, d'ailleurs, commentant l'affaire
"Billy Ze Kick", le journaliste, quelque peu étonné
semble-t-il par les remous qu'elle suscite, se borne a rappeler
en forme d'excuse que les Beatles en leur temps, ainsi que le groupe
Velvet Underground et le chanteur Éric Clapton, avaient
également incité dans leurs chansons à la consommation
de drogue : "Leurs auteurs n'avaient pas été
poursuivis". Par conséquent, selon la bonne morale
toute en saine logique du Figaro, pourquoi commencer maintenant
?
En
ne lâchant pas prise, en soutenant que "l'on ne peut
pas tolérer que de telles chansons viennent détruire
notre travail de prévention", le policier de Nantes,
Christian Verdier, s'est attaqué à bien plus qu'un
mauvais groupe de "pop reggae" halluciné. Au-delà
de l'incrimination justifiée de ce tube "à la
mode, c'est tout le show-biz et sa mentalité pourrie, ses
"valeurs" et sa "culture" comme le relève
Billy Ze Kick, que défie à lui seul, par son action
courageuse et déterminée, ce policier intègre
et droit, dont il faudra retenir le nom.
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