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"Nous
on fouille les poubelles de la musique/ Vive les pillards, les bandits
et les pétards/ Nous on mes les doigts partout... On a l'air
sages, nous les enfants sages/ Mais méfiez-vous, on n'est
pas des images.../ Ma télé a explosé, tant
mieux/ La ville est rouge de graffitis, tant mieux."Voilà,
extrait du double avertissement ouvrant l'album qui résume
la tournure d'esprit de Billy Ze Kick et les Gamins en Folie, donnés
favoris dans la course au (flash) carton de l'été
(Mangez-moi, mangez-moi, rengaine reggae vénéneuse,
sorte de Mets de l'huile hallucinogène) -et plus si
affinités.
Pêchédans le vivier rennais (Lighthouse, Skippies,
Marco Lipz), Billy Ze Kick, c'est d'abord, comme son pseudo ne l'indique
pas, une fille. Bachelière exilée temporaire à
Londres, de retour au pays, elle s'acoquine avec d'autres vengeurs
masqués (une de leurs particularités consiste à
refuser les photos à visage découvert): Mr. Bing,
l'alter ego, gère samples et enregistrement, Arno Futur,
Bidou, Lubna , Béné et Zébra, alias les Gamins
en Folie, font les choeurs: et divers sympathisants (Thanoss, Billy
Billy, Manu le Malin, Kan...) grenouillent autour.
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Chômeurs
ou RMistes dans l'ensemble, "marginaux à la base",
cesgens ne sont pas tout à fait nihilistes, dérision
oblige: "Ton premier quart de siècle, avoue-le, a été
laborieux/ Qu'as tu fais le jour de ton anniversaire/ T'as encore
passé la journée à glander/ Est-ce que la patrie
peut encore compter sur toi/ Pour assurer son avenir glorieux/ Oh!
Non..." (Jean Mich Much). Mine de rien, à fredonner
ainsi l'humeur des cours de lycée (crise, télé,
plans drague, fumette, comment s'extirper de la warp zone dans Super
Mario, etc...), Billy et sa bande commencent à faire jaser
dans leur région d'origine, où bénéficiant
des soutiens adéquats (Transmusicales, Folies rennaises), ils
assoient leur réputation naissante grâce à se
système D qui semble leur aller si bien au teint : des K7 autoproduites
circulent, suivies d'un album non moins artisanal. Tant et si bien
que l'opus en question renaît quelques mois plus tard (sur une
nouvelle branche prospective du groupe Phonogram), sous nouvelle jaquette,
le contenu restant lui, identique: entre fumisterie et fumerie ( OCB,
pub fendarde |
faite de papier à rouler: le krishnaïsant Bons
Baisers d'Amsterdam, vantant les effets de la sensemilla...);
entre modernité (les bruits de console de Virtualopolis)
et rétromanie (samplages de Them, Doors, Ennio Morricone,
Devo). Un alliage reggae pop au service d'une ambiance "délirante",
évoquant les VRP de Corinne ou Mardi gras, pour la beauferie
combattue de l'intérieur (l'Adjudant gereux), Bérurier
Noir et Ludwig von 88, pour la résurgence alternative (milieu
professionnel pris de vitesse, médias compris, obligés
de prendre acte de l'épiphénomène), couplé
à l'esprit subversif sous couvert de candeur ("Amis
du monde entier, venez nous divulguer c'qui vous est arrivé/
Et nous les cafterons et on le répétera", Radio
K sur). L'ensemble, amplifié par la voix de Billy, sorte
de Dorothée cassée au pays des Gremlins, peut être
conscient que "cette avenir va se finir mal mal mal"
(La Chanson de M.), mais est bien déterminé en
attendant à s'en payer une tranche. De space cake notamment.
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