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Billy Ze Kick et les Gamins en Folie
Billy Ze Kick et les Gamins en Folie
Media 7
"Bien vu, bien rendu, inattendu"; Avec la
suffisance d'un Jules César, le critique tourne son pouce
vers le ciel. Et s'interroge. Sur l'art qui cache l'art, tout ce
qu'il a fallu de ruse, d'habileté et malgré tout de
travail, à ce petit groupe de Rennes pour se faire passer
pour ce qu'il n'est plus, une bande de potaches déconneurs
qui feraient un disque comme ça, pour rire, comme on relève
un pari stupide. Pas si simple de faire vrai. Il ne suffit pas de
laisser tourner le magnéto ou la vidéo pour saisir
l'air du temps, croquer sur le vif certains des us et coutumes les
plus significatifs de nos petits frères, chères caricatures
qui aiment les mêmes séries cultes, écoutent
les mêmes vieux groupes et n'ont pas plus envie de vieillir
ou de bosser que nous à leur âge. Artistes vélléitaires,
étudiants dian-dian, pas trop nerveurx ni trop inquiets,
surfant la crise en attendant mieux, adeptes du temps libre et grands
consommateurs de télévision, très occupés
à parler et à détailler votre ordinaire autour
d'un petit pétard, vous êtes repérés!
Tout ce qui n'est pas supposé sortir du cercle des proches,
les "délires, galères et autres plans" que
l'on se raconte entre copains, la cueillette de ces petits champignons
hallucinogènes qui poussent dans le voisinage des bouses
de vache et qui généralement tourné à
la déroute, les riches heures passées à regarder
les JO, et même ces interminables parties de jeu de rôles
d'où l'on ressort à moitié crétin: rien
ne nous est épargné. A l'exception notable de vos
histoires érotico -sentimentales, et c'est heureux . Billy
et ses gamins ont juste voulu faire entendre, faute d'un véritable
discours, le rire souvent jaune des jeunes.
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Pas ce rire burlesque et un rien
lourdingue des défunts alternatifs, mais plutôt l'humour
primesautier et sans doute rapidement grinçant d'une génération
maintenue trop longtemps dans l'enfance. La musique est au diapason,
délibérément minimaliste et empruntée
sans ambages ni scrupules à tout ce qui surnage depuis depuis
une trentaine d'années. Gloria, Blue rondo à la
turk, la Danse du sabre, l'indicatif de Mannix, Peacefrog
des Doors ou, plus surprenant, le Prisencolinensianciusol
de Celentano pour lequel Mr Bing, l'artificier du groupe, semble
avoir la plus vive affection, servant ainsi d'armatures à
la plupart des chansons et souvent avec beaucoup d'efficacité.
La confusion des genres est bien entendu de mise, les gamins en
folie ne confessant manifestement aucune préférence
entre la pop sixities et reggae, sans que l'on puisse trancher la
délicate question de savoir s'il s'agit là de cosmopolitisme
ou de total je-m'enfoutisme. Le tableau ne sera pas achevé
tant que l'on n'aura pas parlé de la voix de Billy, pièce
centrale du puzzle, mi Lolita yéyé, mi Gavroche armoricain
qui donne mieux encore que les mots, l'accent de la vérité
indispensable, le coté en direct et en VO de ces saynètes.
Sans trop savoir comment ils vieilliront et s'ils sauront faire
évoluer leur répertoire sans perdre leur originalité,
Billy Ze Kick et les Gamins en Folie sont sans conteste l'un des
groupes français les plus attrayants du moment.
Stéphane Jarno
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