m-la-music


Mai 2003

Chronique album "L'Intangible"


Les Oisives "L'Intangible"

(Pudding/Avel Ouest/Coop Breizh)

Les Oisives ont le mérite de la simplicité : à l'accordéon de Sylvie Jourdan, répond le violoncelle de Soazig Le Lay. A la voix grave de la première, répond celle, plus féminine, de la seconde. Sans fioritures, presque à nu, les deux femmes livrent un album d'une intensité rare. Un album sombre, où les textes de Sylvie mêlent amour ("Les p'tits piments") et mort ("L'Intangible"). C'est sombre comme peut l'être la vie, et c'est romantique comme savent l'être ceux qui débordent d'amour.

L'album s'ouvre avec un air d'accordéon : le titre "Carbel", est un morceau digne de figurer au générique d'un film de Jean-Pierre Jeunet. L'accordéon, encore, sur "Exil", nous invite à la danse version "Tango, Tango" d'un Guy Marchand. L'accordéon, toujours lui, s'offre à l'oreille attentive sous la forme d'un amusement musical. Entre les deux, des tranches de vie rehaussées par la voix grave de Sylvie, par celle plus légère de Soazig. Soazig qui nous livre même une version épurée du fameux "I go to sleep", chanté autrefois par la belle Chrissie Hynde, à une époque où le groupe The Pretenders avait encore un son et du sens. Mais attention, il serait faux de croire que cet album se résume à cela. "Fatal", morceau qui termine l'album est plus électrique, plus métallique même. Sur "Jade", la présence de l'orgue donne un tour plus tourbillonnant au morceau, alors que "Comme tu l'aimes" sonnent résolument électronique. Et que dire du superbe "Près de toi" au rythme changeant où les voix se répondent comme pour mieux porter les mots d'amour ?
En onze titres, voire un peu plus, Les Oisives nous font pénétrer dans leur univers si particulier. Un monde où la chanson se veut émotion. Le pari n'était assurément pas facile, mais, à l'écoute de ce deuxième album, il est bel et bien gagné.

Stéphane Guihéneuf